Design Affiche : Adriana Rosell

Création 2020 

Création Collective

À partir de 14 ans

Durée estimée 60 minutes

 

Conception et Mise en Scène : Juanita Boada Salazar

Comédiennes : Chiara Bucher, Olga Amelia Silkina

Musicien Interprète : Ivan Quintero

Comédien voix off : Stéphane de Oliviera

Conseillère Chorégraphique : Déborah Moreau

Création Lumière : Cyril Gougaud

Création Sonore : Emanuele Pontecorvo 

Musique : Ivan Quintero et Juanita Boada Salazar

 

Victime – adjectif et nom féminin

Qui pâtit, qui subit les effets d'une situation, d'événements, de choses néfastes.

 

La violence est un instrument d’oppression que les femmes* subissent, depuis longtemps, et de façon systématique, dans le silence et l’obscurité. Elles* sont utilisées comme des instruments de guerre, elles* sont constamment menacées, méprisées et c’est de notre responsabilité, en tant que société, que de lever nos voix pour ne plus jamais laisser cette violence dans l’ombre. Pour qu’aucune victime ne soit laissée sans protection et sans justice. 

 

ELLE raconte l’histoire de Julia et d’Isabelle. Elles habitent une maison modeste dans la campagne colombienne. La mère porte sur ses épaules les traces d’un conflit armé qui détruit tout sur son passage. La fille, pleine d’espoir, est passionnée par les baleines et rêve d’aller à la mer. Leur rencontre avec un jeune soldat dévoilera un terrible secret. 

 

ELLE, c’est un moment suspendu où les mots, imprononçables, s’abandonnent dans un geste ou un silence profond. C’est là que le corps prend la relève.

 

À propos de la création

Nous avons lu des témoignages qui nous ont inspiré, notamment celui de Pastora Mira, victime du conflit colombien depuis sa naissance en 1957. La lecture du livre « Les armées » de Evelio Rosero a été également déterminante pour notre recherche. 

 

Par la suite, nous avons commencé à écrire à partir d’improvisations sur le plateau afin de transposer la douleur, l’amour et la violence. Le conflit colombien a été notre point de départ, ensuite nous avons imaginé l’histoire et les personnages, en créant une partition entre la parole et la voix, le son et la musique, le geste et l’action. 

 

Nous avons imaginé, et transposé, la vie de tous les jours d’une victime, dans les mois qui suivent un évènement traumatique. Nous nous sommes questionnés sur les traces que la violence laisse dans les actions quotidiennes : éplucher des légumes, préparer à manger, fumer une cigarette. Comment peut-on perdre la notion du temps quand on est submergé dans les souvenirs ?  Combien de temps une action quotidienne peut prendre ? Quelles images on voit, pendant qu’on accomplie les gestes les plus communs ? Comment les fantômes et les effroyables souvenirs revivent, sous quelle forme et quel angle ?

 

En se posant ces interrogations, nous nous sommes intéressés par la mémoire traumatique et avons décidé d’axer la dramaturgie autour du tiraillement que la mère vit entre les souvenirs de sa fille et le souvenir de la rencontre du soldat.

Le choix de mise en scène s’est focalisé sur un traitement mixte du temps de l’histoire : l’intrigue ne suit pas la fabula, passé et présent s’alternent. 

C’est à travers des flashbacks que Julia revit des moments avec sa fille. Le public découvre, au fur et à mesure, l’origine de ses angoisses, en démêlant une matière scénique hybride, qui se désarticule tout le long de la pièce.

La façon dont l’histoire est racontée cherche un équilibre entre la cruauté de la guerre et la joie de vivre. Pour ce faire, nous nous sommes concentrés sur la construction physique des corps de chacun.e des interprètes, les éléments psychologiques et physiques qui constituent leurs personnages, la spatialité dramaturgique des souvenirs, les grands sentiments (la peur, la colère, le désespoir, l’angoisse), et la transposition physique de certains évènements pour exprimer ce que les mots ne peuvent pas exprimer. 

Les deux personnages féminins se complètent et se contrastent tout au long de la pièce. 

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